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Un avenir pour Haïti Par Eric FERRAND Le violent tremblement de terre qui a durement frappé Haïti a rappelé au monde entier l’existence de ce pays, l’un des plus pauvres du monde. Un formidable élan de générosité a suivi pour tenter de sauver des vies et apporter de l’aide de première urgence à la population. Les soutiens à cet égard, en France, n’ont pas manqué mais il est indispensable de réaffirmer qu’au-delà de l’expression de la tristesse face aux souffrances du peuple haïtien et aux dévastations provoquées par le séisme, c'est une solidarité en acte, durable, que la France, elle plus que tout autre, doit apporter. Car notre solidarité ne saurait être symbolique ou se réduire à un médiatique discours de circonstance. Un discours convenu. Il ne s’agit pas maintenant d’énumérer des lieux communs compassionnels. Il faut en revanche poser des gestes concrets. Aider, c’est d’abord apporter un soutien humanitaire aux heures de la plus grande détresse mais c’est aussi œuvrer pour la reconstruction qui doit venir réparer le désastre et les dévastations d’aujourd’hui. Il nous faut faire preuve sur ce point de la plus grande vigilance et exigence : les Haïtiens savent ce qu'il en est de la solidarité mondiale et de son oublieuse mémoire quand, une fois l'émotion passée, une fois les caméras braquées sur d’autres actualités, on les oublie. Je pense, en particulier, aux catastrophes naturelles qu'a connues le pays, ravagé par les ouragans et les tempêtes en 2005 et 2008 et abandonné à son sort. Oui, les Haïtiens ont besoin de preuves concrètes de solidarité pour faire face à l’adversité et se relever. Et nous devons collectivement chercher tous les moyens à mettre en oeuvre pour reconstruire le pays, pour aider à la restauration d’une agriculture locale et soutenir enfin la production alimentaire en Haïti afin que les effets dévastateurs du séisme ne viennent pas encore aggraver la faim dans le pays. Il est urgent de restaurer toutes les infrastructures et de permettre l'éclosion et l'aboutissement de projets dynamiques : recréer les unités de soins et d'éducation en même temps que les services indispensables à la libre administration du pays par les Haïtiens eux-mêmes. Cette aide n'est pas charité ni assistanat, et ne saurait conduire à la mise en tutelle d’un pays qui a combattu si âprement pour son indépendance ; cette aide, nous la devons au peuple haïtien au regard de l'Histoire, la sienne et la nôtre mêlées ; cette aide, nous la lui donnerons pour qu’il préserve sa dignité et son indépendance si chèrement acquises dans le sang, guidé qu’il fut par sa foi en un peuple souverain. |
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