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Rentrée scolaire : billet de mauvaise humeur En juillet dernier, le Ministre de l'Education Nationale dévoilait ses grandes lignes pour la réforme des lycées qu'il veut appliquer dès Septembre 2009. Enième réforme, dont les mesures s'ajoutent à celles déjà prises à la va-vite, sans débat national, et qui sont déjà mises à l'œuvre en cette rentrée 2008 dans un contexte, faut il le rappeler, extrêmement préoccupant: crise économique, pouvoir d'achat en chute libre, climat social détérioré, atteintes sans précédent aux services publics, aggravation tendancielle de la société duale... Des suppressions de postes, à la diminution du nombre d'heures d'enseignement en passant par la mise en concurrence des établissements (via par exemple la fin de la carte scolaire), tout concourt à l'avènement d'un système qui n'a plus rien à voir avec la République dont l'école publique et laïque reste le socle fondamental. Nous sommes donc bien face à une droite très offensive, qui poursuit son plan de réinvestissement de l'éducation par l'idéologie réactionnaire que la gauche peine à combattre et dont l'aphonie en la matière sur ce sujet laisse perplexe. Ce sont pourtant près de 60 000 emplois (tous métiers confondus) qui ont été supprimés depuis 5 ans et bientôt 80 000 postes d'enseignants en moins dans les quatre ans qui viennent ! Comment accepter cela ? Comment ne pas voir que c'est l'avenir de notre société, celui des valeurs républicaines, celui de l'institution au service des savoirs et des connaissances transmises par les professeurs pour la formation des élèves, citoyens en devenir, qui est menacé ? L'assouplissement de la carte scolaire -en fait sa suppression pure et simple-, comme l'instauration de la semaine de quatre jours dans le 1er degré, constituent des choix habiles car très démagogiques mais favorisent lourdement la décomposition du système et aggravent les phénomènes de ségrégation sociale. Les plus riches s'en tireront toujours mieux et les plus pauvres toujours plus mal. Vouloir déstructurer l'Education Nationale, y introduire la compétition entre établissements, villes ou régions est antinomique de la République. Ce qu'il faut, affirmons le haut et fort, ce n'est pas moins d'état mais plus d'école ! Et cela appelle des moyens à la hauteur, en tous les cas la restitution de ceux qui lui ont été enlevée depuis 6 ans ! Cela appelle également une véritable réflexion, en dehors de toute considération économique libérale et électorale, autour d'un contenu pédagogique tourné vers le 21ème siècle au service de tous, et ce, dès le plus jeune âge, avant trois ans. Le présidentissime Sarkozy épaulé par son fidèle lieutenant Darcos, veut sans doute être le premier de la classe de l'ultra-libéralisme, à moins qu'il ne soit porteur, en forme d'espoir, d'un relent bonapartiste, contre-révolutionnaire et revanchard envers la République. Il n'est sans doute pas anodin à cet égard, de comparer ses choix en la matière avec ceux adoptés par son voisin et ami Berlusconi, qui vient d'annoncer une diminution d'1,3 milliards d'euros sur le budget de l'éducation italienne avec, tout de suite, la suppression de 80 000 postes. L'état italien, a-t-il déclaré, veut s'inspirer du "modèle français"... Juste retour des choses pour celui qui représente un véritable emblème pour le sarkozysme: culte de l'argent, transgression des symboles, mépris de l'Etat, démagogie, instrumentalisation des médias, stigmatisation de la figure de l'immigré, renforcement de la libéralisation du travail, enrichissement des plus aisés, recours au tout sécuritaire, soumission de la population aux logiques privées de la compétitivité... Avec, en prime, chez Sarkozy, l'admiration officielle des Etats-Unis comme modèle de société, d'économie et de puissance impériale. Ce modèle s'accompagne "naturellement" d'une mise en cause inacceptable du principe d'égalité et la préférence marquée pour le communautarisme religieux: "la morale républicaine est insuffisante pour répondre aux interrogations fondamentales de l'être humain", "l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur" a déclaré le président français. Un croyant donc, est supérieur à un incroyant. Jamais, depuis 1884, un chef d'Etat français républicain n'est allé aussi loin. La laïcité est ainsi assimilée à un intégrisme comme si l'humanisme des Lumières n'avait jamais existé ! La seule révolution acceptable par Sarkozy c'est la révolution libérale ! |
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