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Refonder la gauche : le MRC doit savoir où il habite... Qu'est ce que la politique aujourd'hui ? Ou plutôt, qu'est ce que cela devrait être ? Selon nombre de commentateurs nous serions en train de vivre une crise de la représentation. Les repères collectifs, comme les idéologies... tout disparaîtrait au profit de compromis raisonnables, se nourrissant de l'apport bienfaiteur des "deux rives" et de bonnes volontés, seuls aptes à répondre aux problèmes de notre temps,et peut être même capables de les résoudre ! Qu'en est il réellement? Depuis la fin des années 1970, l'économie de marché et l'individualisme sont érigés en moteurs primordiaux de la vie sociale, préparant l'avènement d'une société de marché et se réalisant pleinement dans l'Europe constituée! Pareille approche a évidemment pris appui sur les bouleversements profonds qu'ont connus les pays d'Europe Centrale et Orientale. La désintégration du bloc soviétique emportant avec elle l'idée socialiste. L'écroulement quasi physique de ce type de société a donné aux pourfendeurs d' "idéologies", et notamment les libéraux européistes, les armes pour faire de l'économie - évidemment libérale - le seul référent possible et concevable. Pas d'alternative : il n'y aurait qu'à soutenir le mouvement naturel de l'économie de marché et à en attendre les retombées bénéfiques et automatiques ! Ainsi, dans ce grand délabrement des certitudes, gauche et droite n'auraient plus guère de signification, dit-on... Pour notre part, nous récusons pareille analyse car nous pensons indispensable d' affirmer haut et fort la valeur du politique. Et diagnostiquer sa mort c'est condamner la démocratie, renvoyer les choix de société et de gestion à l'opacité de l'expertise, dont les analyses s'imposent à chacun avant même d'être débattues Il est donc urgent de réaffirmer que la politique doit s'exprimer au travers de l'affirmation de valeurs et de choix qui permettent à la citoyenneté de se réaliser. La gauche a des valeurs fortes mais plutôt que de simplement les défendre, il faut qu'elles redeviennent le véhicule privilégié d'une dynamique d'action. La tâche est rude et relève du défi tant il est vrai que les vingt dernières années ont semé le trouble dans les consciences . Des clivages apparemment stables ont aujourd'hui disparus. Par ailleurs le "modèle socialiste" en se décomposant a tué, dans le même temps, toute tentation de messianisme. S'impose alors une nouvelle confrontation au réel. Cette confrontation lucide n'a nullement pour conséquence inéluctable de rendre vain tout combat par les valeurs. Au contraire, elle nous impose de les revivifier, de les redéployer, de les articuler davantage aux exigences du temps présent. Le fait qu'on ne saurait plus opposer sérieusement une gauche mollement gestionnaire à une gauche clairement anti-libérale doit conduire à un travail de refondation de l'ensemble de ces gauches. À la division de Tours doit succéder, à terme, la réunification autour d'un corps de principes communs. Il faut peu à peu qu'à notre niveau, avec l'ensemble du peuple de gauche, avec ceux qui, tout en restant dans leur parti, n'en acceptent plus les archaïsmes ou les faux semblant de modernistes, nous les reposions fortement comme référence fondamentale du discours et de la pratique politique. Nous devons nous appuyer solidement sur ces principes essentiels : la laïcité, la solidarité, le refus de l'exclusion, l'affirmation de la souveraineté des peuples, la lutte contre le racisme et contre les inégalités; les affirmer comme des valeurs de gauche, comme le fondement de notre action. Qu'on le veuille ou non, il y a des valeurs de gauche et des valeurs de droite. Les clivages sont là, que la réalité des pratiques démontre tous les jours : une année de pouvoir sarkozyste en est un exemple éclatant. Il y a ceux qui prônent d'abord l'individualisme et qui vantent les charmes d'une société où l'inégalité serait un phénomène naturel, condition nécessaire du développement. Il y a ceux qui, sans verser dans l'égalitarisme , pensent que la collectivité doit renforcer ses mécanismes de solidarité, sécréter les conditions d'un développement économique et social, en se dégageant du modèle purement libéral pour ne pas dire capitaliste... Ce clivage qui traverse la société française et un certain nombre de sociétés européennes, il faut l'assumer pleinement, en faire un atout pour la démocratie. La tentation d'un centrisme mou réunissant les bonnes âmes dans une sorte de consensus pseudo-œcuménique est non seulement illusoire mais dangereuse pour le pays. Refonder la gauche c'est choisir clairement son camp et ses valeurs, c'est refuser le miroir aux alouettes des ouvertures hasardeuses et des amalgames trompeurs, c'est en revanche passionnément, patiemment, obstinément se ressouder autour des principes qui sont les nôtres et les faire revivre, en se souvenant qu'il y a plus de 200 ans le mot « gauche » et le mot « république » furent synonymes et qu'à ce titre leurs sorts ne sont pas dissociables. Mais cette condition nécessaire n'est pas suffisante. La globalisation, la mondialisation libérale nous obligent à penser l'identité de la gauche dans cette réalité, non pas pour en devenir les sujets mais au contraire pour le transformer et la dépasser. C'est un travail collectif. Il est urgent de l'entreprendre. |
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