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Mouvements sociaux dans l'Education Nationale : une émotion légitime Par Eric FERRAND, conseiller régional d’Ile de France La suppression de 11 200 postes d’enseignants suscite l’émotion légitime des élèves, des parents d’élèves et des enseignants. Cette mesure touche directement les lycéens, puisque 8 800 emplois concernent le second degré. Pour les enseignants, il est clair que la diminution du nombre des postes tient moins à la baisse des effectifs qu’à la volonté de multiplier les heures supplémentaires. La moitié des postes sera transformée en heures supplémentaires. Quand on sait que ces dernières sont moins payées que les heures statutaires et n’ouvrent aucun droit à la retraite, c’est, au final : « Travaillez plus pour gagner moins ». Il est évident, contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Education Nationale, que cette coupe claire aura des répercussions négatives dans tous les établissements : suppressions d’options, regroupement de séries, suppression de certains dispositifs d’aide aux élèves en difficulté, gonflement des effectifs par classe. De plus, la volonté réaffirmée du Président de la République de ne pas remplacer le départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux laisse prévoir pour la rentrée 2009 la suppression de 16 000 postes supplémentaires. Nous devons impérativement dénoncer cette vision comptable de l’éducation, dont le but est, avant toute autre chose, la compression des dépenses. Affirmer cela ne veut pas dire que l’on se refuse à toute évolution de notre système éducatif, bien au contraire ; mais les coupes claires, en réponse au dogme du « moins d’Etat », vont à l’opposé de la réussite de tous les élèves. Et c’est bien là que le bât blesse. Est-il encore nécessaire de démontrer l’absolue nécessité de poursuivre les efforts pour lutter contre le déterminisme social, le déterminisme des quartiers, réduire les phénomènes ségrégatifs qui se développent et gagner la bataille de la démocratisation ? L’expansion scolaire a porté ses fruits et sa poursuite s’avère décisive pour faire face au nouveau monde économique qui se dessine. Au final, il ne nous faut pas moins d’apprentis, pas moins de lycéens, pas moins d’étudiants, mais beaucoup plus, et mieux formés ! Ce n’est malheureusement pas le chemin que nous prenons. Pourtant, nous savons tous, ici, l’importance déterminante de l’éducation dans une société qui se fonde de plus en plus sur la connaissance. Le premier défi du XXIème siècle n’est-il pas celui de l’accès au savoir et à la formation ? Les lycéens, citoyens en devenir sont donc concernés au premier chef. Et au delà des mesures annoncées, ce qu’ils expriment, c’est leur angoisse face à leur avenir. Comment pourrait-il en être autrement dans un contexte de régression sociale sans précédent, de projet de déstructuration, de démantèlement des services publics, de baisse du pouvoir d’achat et d’une politique ostentatoire de soutien aux plus riches ? Nous ne sommes pas principalement au cœur d’une crise générationnelle, quarante ans après les évènements de 68, comme on voudrait nous le faire croire ; mais bien en plein cœur d’une grave crise sociale où une jeunesse désorientée, paniquée par le spectre de la précarité qui l’entoure, manifeste sa volonté de faire changer le cours des choses. De toute évidence, une autre politique pour la France et en Europe est indispensable et c'est possible ! Les lycéens sont, certes, méfiants à l'égard de "la parole du politique" mais ils sont conscients des enjeux. L'avenir est entre nos mains aujourd'hui pour eux et avec eux. La jeunesse de ce pays, avec ses rêves, n'a nul besoin de désillusion mais bien d'aborder le réel supporté d'espoir de progrès social, de réussite individuelle et collective. |
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